J’ai joué à ça avec Paul (le même que celui du site) et Julien (que certains d’entre vous ont la chance de ne pas connaître).
Moi j’aime Howard Philip Lovecraft, en tant qu’écrivain, et les jeux qui exploitent son univers un peu horrifique, un peu baroque et surtout très foisonnant me font toujours de l’oeil. Les Contrées de l’Horreur, c’est un jeu qui vient de sortir, et pourtant, on a un peu l’impression d’y avoir déjà joué. En fait, Les Contrées de l’Horreur est une vraie/fausse version 2.0 de Horreur Arkham, un jeu coopératif sorti chez Edge (encore Ubik à l’époque) il y a de ça une dizaine d’années maintenant. Dans sa catégorie, c’est un peu ce que nous, joueurs chiants avides de terminologie, appelons une usine à gaz. Pour comprendre l’idée, je vais dire que c’est un des jeux auquel j’ai le plus joué et j’ai pourtant lu et relu les règles en mettant à la louche une dizaine de parties avant d’appliquer les bonnes. C’est un festival de détails, d’approximations, et de boulettes de traduction (il faut bien dire qu’il est connu pour ça). Tout ça pour dire qu’il a su en décourager plus d’un et que bon nombre de joueurs sont passés à côté, faute de motivation à s’investir dans ce mastodonte.
Autres temps, autres mœurs : Edge nous propose ici une version retravaillée, plus fluide, plus rythmée, plus simple, et pas moins riche. Les standards ont changé, et Les Contrées de l’Horreur est bien plus dans l’air du temps que son aîné et offre pourtant des sensations de jeu similaires. Attention, ne nous y trompons pas : ça n’est pas un jeu familial, une partie dure tout de même entre deux et trois heures, et le thème ne le réserve qu’aux aficionados de l’univers de Cthulhu. Au delà de ça, c’est un jeu narratif qui fait la part belle à l’ambiance : les joueurs / investigateurs vont parcourir le monde en essayant d’empêcher l’arrivée sur Terre d’une divinité destructrice. Bon logiquement, ils n’y arriveront pas, surtout si, comme dans mon cas, il y a un traître dans l’équipe ; mais ça vaut le coups d’essayer.
Seul bémol, j’ai tendance à penser qu’avant l’arrivée des traditionnelles extensions, c’est un jeu qui va avoir un peu de mal à se renouveler, tant le matériel me semble donné à dose homéopathique (là où une dose type chimiothérapie du dernier espoir aurait quand même eu plus de gueule !)