Targui est un jeu qui a remporté un succès au moins d’estime lors de sa sortie allemande, qui lui a valu une nomination au Spiel des Jahres. Son auteur exprimait son ambition de faire un petit jeu à deux profond et offrant un challenge relevé malgré son format. Filosofia a mis du temps mais l’a édité en français il y a une petite année. Lorsqu’on ouvre la boîte, on a un paquet de cartes, des pions ressources, des points de victoire et des petits meeples qui représentent nos hommes du désert. L’originalité c’est qu’il ne s’agit pas là d’un énième jeu de cartes ; en effet, on va former à l’aide de celle-ci un vrai plateau de jeu qui va servir de base à un jeu de gestion au final assez classique. Certaines originalités persistent : le décompte des points de bâtiment, une mécanique rigolote de pose d’ouvrier dans laquelle on effectue l’action à l’intersection des lignes formées par nos meeples. A côté de cela, je doit reconnaître une petite déception au terme de cette première partie. C’est assez long pour ce que c’est (un peu plus d’une heure), assez peu original, et assez dirigiste (les contraintes de pose font qu’au final le nombre de choix est limité). Un autre problème majeur à mon sens : on a un jeu limité à deux joueurs quand les grands frères, auxquels il emprunte les mécaniques et dont ils revendique la profondeur, sont jouables à trois ou quatre. Je ne refuserai pas une nouvelle partie car c’est dans le fond un jeu assez solide qui n’a en réalité pas vraiment de défauts, mais je dois concéder une certaine déception, là où j’en attendais peut-être un peu trop.