Shakespeare 3

Kenneth Branagh dans Beaucoup de bruit pour rien.

Et nous voilà partis à deux à l’assaut d’une mise en scène qui nous emportera loin ! Loin ! Loin ! (ou pas finalement…)
Ahhh, le voilà enfin le dernier Ystari qui , comme d’habitude, a buzzé plus que de raison (Beaucoup de bruit pour rien ?). Tous les fans (non, j’ai pas dit lèche-cul) étaient dans les starting-blocks sur la toile et notamment le forum qui ne se respecte pas !
Boîte ouverte : un beau thermoformage avec les pions colorés habituels réservés aux joueurs et des petites cases pour les mettre. Finalement, après dépunchage, un thermo qui ne sert pas à grand chose (c’est souvent maintenant) mais qui permet de tout ranger quand même, c’est important de le préciser car ce n’est pas toujours le cas tant ce genre de truc est négligé par les éditeurs. J’aime beaucoup les dessins des cartes de qualité : elles retranscrivent une ambiance et je dirais dès maintenant que c’est bien là la seule chose un peu immersive du jeu (en plus de celle de monter un décor mais c’est vraiment léger).

Bon, en gros, pendant le jeu, le principe est le suivant : on retrouve un plateau central qui va nous proposer des éléments de décors, des éléments de costume, des cartes personnages (acteurs et artisans) chacun rattachés à une action primaire et éventuellement secondaire. Egalement trois pistes de niveau représentant les trois actes de la pièce où il va falloir aller le plus loin possible pour scorer de trois façons différentes. Un plateau individuel par joueur proposant une zone pour monter son décor, une piste d’ambiance et quatre personnages de base (les mêmes pour tous).

Tout au long de la partie, qui dure six tours, il va falloir augmenter son panel d’actions et le personnaliser en recrutant de nouveaux personnages. Les actions vont nous permettre quatre choses : monter sur les pistes des actes, modifier l’ambiance de sa pièce, costumer nos acteurs pour gagner des actions supplémentaires secondaires (ne sont utilisées qu’aux tours 4 et 6) et monter le décor de sa pièce.

Toutes ces actions, dont certaines sont soumises à contraintes, (obligation de recruter un personnage une et une seule fois par tour, respect des règles pour monter le décor, etc…) vont nous permettre de gagner des points de prestige (donc de victoire, ce qui déterminera le gagnant en fin de partie) et des sous. Car il y a de la tune dans ce jeu pour payer, tout à la fin de la partie, nos personnages qui nous auront grandement aidé pour monter la pièce. La tune est une contrainte et nous oblige en permanence à aller en chercher  plutôt que de profiter d’actions plus lucratives en points de prestige. Si on ne peut s’acquitter des salaires à la fin, on perdra de précieux points de prestige. On ajoute à cela la possibilité (par l’intermédiaire d’une action de base) de prendre des cartes objectifs qui rapporteront sous conditions des points en toute fin de partie.

Alors to be or not to be ? Et bien, lors de cette première, on voit rapidement que Shakespeare n’apporte rien de nouveau. C’est un pose d’ouvrier à panel d’actions individuelles évolutif ce qui propose à la fois stratégie et tactique. Je n’y trouve pas vraiment de défaut mais il n’y a pas eu le petit “wouah !” comme parfois. Ses avantages : facile à prendre en main, il pourra être joué en deuxième réseau d’apprentissage pour les nouveaux joueurs, plaira aux plus anciens pour sa fluidité, sa mise en place facile, rapide et adaptée au nombre de joueurs, ses intérêts stratégiques et tactiques. La durée de vie me paraît un peu courte (peut-être; à confirmer sur plusieurs parties évidemment) et le thème sans grand lien avec la mécanique mais tout de même plaisant. Une partie agréable, sans grande conviction pour moi. Shakespeare passera-t-il à travers les mailles du filet du tsunami des nouveautés d’Essen ? Peut-être juste le temps du songe d’une nuit d’été…