Je ne sais pas trop de quoi je vais parler dans ce texte mais hier j’ai joué à Mysterium chez le père Julien, et ça m’a donné envie écrire. Vous connaissez pas Mysterium ? Ah pardon, vous êtes des puristes ! Il s’agit de Tajemnicze Domostwo de Oleksandr Nevskiy et Oleg Sidorenko sorti au dernier Essen et qui a fait son petit effet parmi les joueurs. Votre fibre polonaise étant respectée, je commencerai par dire que j’ai trouvé ce jeu exceptionnel.

Je vous la fais courte : Mysterium est un jeu 100% coopératif dans lequel les joueurs incarnent des mediums invités dans une grande demeure dans laquelle un crime a été commis. L’un d’entre eux incarne le fantôme qui hante les lieux et qui va transmettre des informations aux joueurs pour leur permettre de découvrir l’identité de l’assassin, le lieu et l’arme du crime. Pour cela, il va attribuer au hasard une combinaison de ces trois éléments à chaque joueur face cachée. Il va alors falloir deviner quels sont ces éléments. Le fantôme va choisir des cartes illustrées de sa main et les donner aux joueurs. Le choix de celles-ci repose sur une association d’idée entre l’illustration et l’élément à découvrir. Tout repose alors sur la façon dont les joueurs vont comprendre la logique du fantôme pour découvrir les éléments. Ca peut paraître compliqué dit comme ça, mais dans les faits, on peut expliquer les règles en commençant à jouer directement tellement c’est simple.

Au premier abord, je me disais que le thème était clivant ; il n’en est rien. Au contraire, il est très fédérateur. Là où Dixit n’a pas de thème, Mysterium en a un, fort, ce qui lui permet de proposer une ambiance. Deux types de joueurs peuvent alors jouer : ceux qui disent plein de conneries et qui déconne toute la partie, et ceux qui jouent la carte de l’ambiance (spiritisme et compagnie). Le jeu fonctionne alors dans les deux situations, et même si notre partie se situait plutôt dans la première catégorie, il est certain que des joueurs un peu plus préoccupés par l’ambiance trouveront de bonnes inspirations. En l’état, Mysterium rentre dans ma petite catégorie personnelle des « fours à conneries », comme le sont pour moi Compatibility ou Concept.

Je le trouve au final presque plus accessible que Dixit : il n’a pas de décompte de points là où je trouve que celui de Dixit est quand même un peu tiré par les cheveux. De plus ce dernier demande aux joueurs quelque chose du domaine de l’investissement qui peut en bloquer certains, notamment les plus timides.

Un mot sur les illustrations ; elles sont superbes, pleines de détails, dans un esprit comparable à celles de dixit mais avec un parti pris esthétique encore plus fort. Je pense particulièrement aux cartes lieu très inspirées dans un style gothique.

En dehors de son nom imprononçable, Tajemnicze Domostwo a quand même un petit défaut, mais il le partage avec beaucoup de jeux : il est très dépendant des joueurs autour de la table. On n’est pas là pour tester puis jeter, on est là pour apprécier une ambiance, échanger, rire et passer un bon moment entre amis.

Ca fait vraiment plaisir de jouer à un tel jeu. Il est original, amusant, intelligent. C’est vrai qu’il y a énormément de jeux qui sortent ces dernières années, mais au final ils se ressemblent tous un peu. Je ne dis pas qu’il n’y a de salut que dans l’originalité, certains titres sont vraiment excellents alorsqu’ils ne sont que des patchworks de mécaniques qui ont fait leur preuve, je pense par exemple à Russian Railroad ou plus récemment Elysium. Mais des choses qui donnent vraiment l’impression de jouer à une nouveauté, c’est plus rare. J’ai adoré Five Tribes pour cette raison il y a quelques mois ; hier j’ai joué à Mysterium.

Comme j’ai l’impression qu’il manque quelquechose à ce texte, je dirais que c’est un jeu qui ne s’adresse pas qu’aux homosexuels parisiens d’un rose pisseux avec un soupçon verdâtre et complaisant, ce qui semble être une nouveauté dans la ligne éditoriale de Libellud (Oui, car je l’ai pas dit mais Libellud va le traduire en français à la fin de l’été prochain).