Bon autant dire les choses tout de suite, Iello l’éditeur de ce jeu ne cache en rien que Kingsport Festival est une reprise de Kingsburg. En même temps, on retrouve l’un des auteurs de ce dernier sur la boîte (Andrea Chiarvesio) associé à l’un de ceux qui ont fait Lettres de Whitechapel (Gianluca Santopietro). De mon côté, je ne cache pas non plus que j’aime beaucoup, d’une part, l’univers sombre lovecraftien dont le jeu tire son ambiance et, d’autre part, son prédécesseur Kingsburg. Difficile de ne pas les comparer et ce, dès la lecture des règles où l’on retrouve immédiatement le squelette de la mécanique de Kingsburg. Pourtant quelques changements sautent aux yeux : la disparition des bonus “+ 2”, des bonus pour le premier et dernier joueur et du bonus du dé lors des combats finaux de fin de saisons (raids). Même ces dernières ne sont plus présentes, remplacées simplement par des tours, ce qui n’est pas un mal. Le plateau individuel n’est plus et remplacé par un plateau commun de différents bâtiments présents à Kingsport. Les nouveautés ? Et bien il y en a, notamment des cartes “sort” qui vont agir en lieu et place des bonus “+ 2” et du dé de renfort pour les raids mais également, et c’est sans doute là le plus important, des cartes scénarios avec effets thématiques perturbant la périodicité des raids durant la partie. Kingsport festival se veut donc très très thématique, collant ainsi aux mondes littéraires du maître de la Dark Fantasy. Il est alors question, à chaque tour, de lancer ses trois dés et, tels des pions ouvriers, de les placer sur les grands anciens (dieux) qui nous intéressent, nous rapportant ressources et avantages. Encore un changement : lors de la résolution, il est question de payer en point de santé mentale chaque divinité pour acquérir les biens auxquels on peut prétendre. Une autre monnaie fait également son entrée : les points de magie qui vont nous permettre de lancer des sorts nous amenant à choisir soit d’influencer nos lancers de dés, soit d’augmenter notre force contre les raids, soit enfin, d’augmenter les dons faits par les grands anciens. Comme son prédécesseur, le jeu se veut fluide et facile à prendre en main. De plus, dans le livret de règle, tous les personnages investigateurs qui vont tenter de mettre à mal nos viles plans de résurrection (oui, car je ne l’ai pas précisé mais dans cette version, on joue des cultistes souhaitant faire renaître les grands anciens qui détruiront une bonne fois pour toute la race humaine) sont décris et remis dans le contexte des nouvelles de Lovecraft. Une présentation du grand ancien est également présente au dos de chaque fiche qui serviront à mettre en place le panel de cases actions utilisables avec nos dés lors de la phase de pose. Alors oui, sur cette première, j’aime cette version qui modernise et remet au goût du jour l’ancien Kingsburg qui n’avait pas pour autant absolument besoin de cette refonte car encore largement agréable à jouer. J’aime cette version avant tout pour son thème suivi de près par les petites modifications de règles qui apportent le plus et l’originalité. La gestion de dés m’est une mécanique chère et Kingsport festival ressortira sans nul doute. Cependant Kingsburg ne reste pas loin, car là où Kingsport festival est un plus, il reste néanmoins très sombre graphiquement et peut paraître trop thématique pour les non-initiés. De ce fait, il perd le privilège d’être un jeu familial grand public chose que Kingsburg reste. Comme quoi, le thème a son importance.