Francis Drake est à la base un marin du 16ème siècle travaillant au départ pour son compte en tant que pirate puis pour l’Angleterre comme corsaire. Sa cible: les espagnoles croisant dans les Caraïbes.

Francis Drake, plus près de nous, est un jeu qui démarre par un Kickstarter de Eagle-griphon Games et qui arrive traduit en français chez Ystari en septembre dernier après plusieurs mois de retard. De ce départ découle un matériel riche et beau, de bonne facture, imposant. Manque tout de même des couleurs un poil plus saturées sur le plateau de jeu qui serait ainsi un petit plus lisible. C’est un détail tant la boîte et son contenu sont travaillés. Du coup ça en jette et on a envie d’y jouer !

Le jeu relate trois expéditions maritimes où il est question, pour chacune d’elles, dans un premier temps, de partir de Plymouth et, dans un second temps, de croiser en mer des Caraïbes combattre l’espagnole, propriétaire d’immenses richesses mais armé jusqu’aux dents.

Techniquement, chacune des trois manches est divisées en deux phases. La première permet, par pose d’ouvriers, de préparer son navire en l’armant correctement soit en hommes d’équipage,  soit en canons, soit en un peu des deux selon les objectifs que l’on souhaite réaliser lors de la seconde phase. Il est également possible de récupérer du tissu pour effectuer des échanges dans les îles aux fins de commerce. Dans tous les cas, il faudra acheter de la nourriture (tonneaux) pour appareiller et éventuellement atteindre tous les endroits des Caraïbes.

Lors de la deuxième phase, on va profiter au mieux de notre embarcation qui va nous permettre (ou pas) d’attaquer d’autres navires, des forteresses ou faire du commerce . Et c’est grâce à tout ça que l’on marquera du point de victoire. Cette phase de jeu m’a fait penser à Maka Bana et Vanuatu : non pas par le thème commun de la mer mais par la frustration que la mécanique peut imposer aux joueurs. En effet, comme dans Maka Bana, on choisit des endroits sur la carte où placer nos jetons faces cachées numérotées de 1 à 4. Une fois que tous les joueurs ont placés tous leurs jetons, on révèle et on effectue les actions dans l’ordre d’initiative numérotée. Il est alors possible de ne pas pouvoir réaliser l’action car il n’y en a pas pour tout le monde ! Donc frustration, souffle appuyé, balayage de plateau, énervement, gueulage, bras au ciel, etc…

Effectivement, ce genre de jeu ne peut pas plaire à tous. C’est d’ailleurs pour cette raison, entre autre, que les avis étaient partagés autour de la table en fin de partie malgré des scores honorables et relativement groupés. Pour ma part, l’information donnée sur ce jeu à la base était relativement fausse : nous ne sommes pas dans un jeu familial mais de poids supérieur sans pour autant parler d’expert. Francis Drake est vite abordable, de durée très raisonnable à cinq joueurs, seules les explications de règles peuvent être un poil longues (environ 15 minutes) pour des débutants.

Pour ma part, cette partie m’a paru agréable.  J’ai apprécié jouer sur un grand plateau, le beau matériel et évidemment le thème maritime. La mécanique offre pas mal de possibilités, plutôt tactique sur une première partie, j’imagine la stratégie s’élargir avec plus d’expérience même si cette dernière nous a paru assez restreinte au départ surtout entre les manches: difficile d’avoir une linéarité stratégique efficace sur toute la durée du jeu. Je n’ai pas eu le phénomène de frustration même si je me suis fait quelques fois bâcher des endroits que je visais me retrouvant le bec dans l’eau ! Il faut savoir quelques fois revoir ses intentions à la baisse pour être sûr, ou presque, de réaliser l’action et marquer des points plutôt que de ne rien avoir du tout.

Pour finir, toujours sur cette première, Francis Drake, loin d’être le jeu de l’année, n’apporte visiblement rien de bien nouveau sauf, peut-être, cette forme de programmation couplée avec de la pose d’ouvriers mais il m’a été très agréable à jouer, m’a paru fluide et facile à sortir avec un public assez large. La beauté du jeu et son thème y sont, de mon point de vu, pour beaucoup. J’y rejouerai donc avec plaisir.