Jeu ayant buzzé lors du dernier salon d’Essen, il finit plus qu’honorablement au classement général de ce dernier.

Ici, on se trouve clairement face à un bon vieux jeu à l’allemande, la vue du matériel parle d’elle-même. Matériel qui m’a rappelé celui de Strasbourg (rien à voir). 

Bref, nous voilà lancé à 5 autour du bousin et autant le dire tout de suite, après cette première partie, je ne sais toujours pas quel est le thème du jeu qui ne nous a pas été présenté. Ce n’est donc pas là son point fort qui rappelle un bon vieux Feld.

Il ne reste donc plus que le moteur qui se veut, quant à lui, bien pensé. Son mécanisme central est celui de la majorité. On va jouer 5 manches sur un plateau comportant 6 régions différentes (des villes allemandes plus exactement). A la fin de chaque manche, un décompte de points sera effectué dans deux d’entre elles en fonction de certaines conditions. Ces lieux et conditions sont tirés au hasard en début de partie, sont visibles de tous, connus dès le départ et allongent la durée de vie du jeu. Tout est donc logiquement prévisible. Il va être question d’amener ses pions dans les endroits les plus prolifiques et le plus souvent, à chaque tour du joueur (au nombre de trois par manche) ce dernier va récupérer une ou plusieurs tuile(s) “coffre” qui vont lui donner le pouvoir de marquer des points ou perturber les règles de base afin de se faciliter la vie. Évidemment, comme dans tout bon jeu à l’allemande qui se respecte, point de coup bas aux adversaires mais des bonus perso pour soi-même à nous. Les majorités elles-mêmes apportent, lors des décomptes de fin de manche, des points de victoire, on l’a dit, mais aussi des bonus de perturbations. Touts ces nombreux pouvoirs sont symbolisés par pictogrammes augmentant grandement le temps d’explication de règle cependant l’iconographie étant bien réalisée, ils s’intègrent rapidement.

Grosse originalité: l’ordre du tour qui, d’une manche à l’autre, est totalement différent selon les actions effectuées lors de la manche précédente offrant ainsi parfois la possibilité de jouer deux fois de suite. Il faudra garder ce mécanisme à l’esprit.

Ceci dit, un gros point noir persiste et il est purement matériel: la piste de score ! Prévue jusqu’à 25 points avec des cases ridiculement petites, elle ne nous a pas permis de déterminer un classement final tant elle est trompeuse, illisible et imprécise: le score final tourne autour de plus de 100 points et à chaque tour de piste, il est prévu d’ajouter un token marqué 25 sous son pion de couleur. Il est donc facile d’oublier d’ajouter ce dernier. De plus, ces jetons prennent une place monstre sur les cases et plusieurs pions sur une seule se gênent créant des chutes impromptues. Du coup les “euh, il était là ton pion ?” et “tu m’aurais pas oublié un 25, là ?” sont légion. En gros, il faut absolument refaire une piste de score maison pour jouer à Die Staufer ! Ce qui bien entendu est une honte pour un éditeur expérimenté comme Hans Im Glück ! A la fin de la partie, ce souci d’ergonomie a créé une certaine frustration chez les joueurs et un peu de déception pour ne pas connaître le classement (même si ce n’est pas d’une gravité extrême) des joueurs.

Die Staufer est pour ma part une excellente découverte et mérite bien sa réputation et son classement essenien. Jeu de poids moyen +, sa part d’originalité mélangée à la classique majorité lui va comme un gant et m’amènera à le ressortir mais avec une piste de score refaite maison et utilisable.