Codenames fait partie des jeux sortis en 2015 qui ont perturbé le classement de tête de BGG. L’air de rien, cette petite boîte, qui vient d’arriver chez nous, s’est positionnée meilleur Jeu d’ambiance sur le site de référence mondiale du jeu de société dès sa sortie ou presque ! Sachant qu’il s’agissait d’un jeu de vocabulaire familial, il était sage d’attendre la traduction. De toutes façons, classement ou pas, Codenames étant de Maître Chvatil, il arrivait fatalement dans ma ludothèque ! Cet auteur aura donc oeuvré dans tous les genres du jeu de société : familial, lourd, très lourd et party game, passant sans hésiter par le jeu de dessin ! Et parmi tout ça, très peu de déchets voire aucun.

Alors Codenames : il s’agit de retrouver “des espions” de son équipe rouge ou bleue représentés par des cartes indiquant simplement un mot (un nom de code). Dans chaque équipe de joueurs, on nomme un “maître espion”. Tous les joueurs sont devant une grille de cartes de 5*5 proposant donc 25 mots différents. Les deux maîtres espions, seulement eux, ont connaissance d’une carte représentant une grille générique sans les mots en miniature. Cette petite grille indique l’emplacement des 8 cartes qui appartiennent aux rouges et des 8 cartes qui appartiennent aux bleus (+ 1 mot supplémentaire pour l’équipe qui commence). Les autres sont neutres et perturberont les futures recherches des joueurs. Enfin une case est noire : elle indique la carte qui sera l’assassin ! Si une équipe désigne à n’importe quel moment du jeu cette carte, elle perd immédiatement la partie !

Alors comment joue-t-on ? Le maître espion d’une équipe, après avoir bien analysé la grille d’informations et les mots des cartes étalées au hasard sur la table lors de la mise en place, dit un seul mot suivi d’un chiffre. Ce chiffre est le nombre de cartes que peut tenter de trouver son équipe avec le mot associé.
Exemple : je souhaite faire découvrir deux cartes de mon camp indiquant : “éclair” et “espace”, je peux dire ” ciel; 2″. Évidemment il va falloir prendre en compte les autres mots proposés sur tout l’étalage pour ne pas faire découvrir ceux de l’équipe adverse, ce qui lui donnerait de l’avance. Et bien faire attention au mot de la carte représentant l’assassin ! Si dans mon exemple précédent, l’assassin est représenté par une carte indiquant “étoile”, je prends un gros risque en disant ” ciel ; 2″…
Chaque fois qu’une équipe, après consultation, désigne une carte, cette dernière est recouverte par un carton de la couleur correspondant à la grille connue par les maîtres espions. Si c’est la couleur de l’équipe, c’est bien joué et les participants peuvent continuer si ils n’ont pas atteint la quantité indiquée par le maître espion. Ils peuvent aussi abandonner et passer la main. Si ce n’est pas la bonne couleur alors la carte est recouverte par un carton lui correspondant (neutre ou de la couleur adverse) et le tour prend fin. Si c’est l’assassin, la partie est perdue. Le jeu se termine normalement quand toutes les cartes d’une équipe ont été trouvées.

Il faut compter entre 15 et 30 minutes de jeu. L’idéal étant de jouer en équipe de 3 joueurs. Règle supplémentaire et pas des moindres : si une équipe retrouve avec brio le bon nombre de cartes (mais ces mots correspondent-ils bien à ceux que voulait faire deviner le maître espion ????), les joueurs ont le droit de tenter une proposition supplémentaire ! Cette petite subtilité permet de revenir sur une proposition précédente qui pouvait être incertaine et finalement devenir plus évidente avec l’évolution tour à tour du jeu.

Ce qui en ressort : le matériel est bien pensé. Les cartes au format mini européen sont lisibles dans les deux sens, les maîtres espions faisant face à leur équipe respective. Un petit pied en plastique permet d’avoir sous les yeux en permanence la carte de la grille-solution. Le mécanisme : Chvatil mélange mots-fléchés, rébus et stratégie avec brio grâce à de petites subtilités ingénieuses dont il a le secret. Même le thème qui, pour ce genre de jeu, reste secondaire, est tout de même bien trouvé. L’équipe de “chercheurs” aura donc des choix tactiques à faire pour ne pas trop se planter et donner ainsi des infos aux autres voire de prendre le risque de tomber sur le nom de code de l’assassin. Il faudra pourtant quelques fois les bons choix pour rattraper son retard, redoubler d’imagination pour associer certains mots entre eux. Comme pour Pictomania, Chvatil arrive à garder un intérêt pour le score ce qui est plutôt secondaire pour ce type de jeu (Concept par exemple). Pour conclure, le jeu est excellent, super bien pensé. On pourrait craindre pour sa durée de vie (le type de jeu souffrant souvent d’un manque de rejouabilité) mais ici que nenni car le système d’association de mots et de grille aléatoire renouvelle sans problème un étalage plus ou moins déjà vu. Un grand party game qui va sans doute, pour ma part prendre la place de celui que je préférais jusqu’à présent : Time’s up !