Ca y est, enfin ! Une première partie de Caverna du célèbre Rosenberg. Le papa d’Agricola nous livre une autre version de son jeu pastorale à tel point que lors des explications de règles la mention “comme dans Agricola” revient plusieurs fois à la minute. Alors, effectivement,  “comme dans Agricola”, on retrouve les fameuses cartes amovibles se découvrant au fur et à mesure de la partie nous proposant ainsi de plus en plus d’actions diverses et puissantes, et “comme dans Agricola”, on gère notre caverne (qui abrite cette fois des mineurs nains) et un parc animalier proche de celui d’une ferme. “Comme dans Agricola”, il faut nourrir nos bonhommes sinon on prend des points de malus. Et là, “comme dans Agricola”, on peut acheter des tuiles qui vont améliorer la vie de nos travailleurs tel un balneo dans un cottage de Center Parc. Avec tout ça, quel intérêt de jouer à Caverna, sinon le fait qu’il est encore plus long à installer ? Et bien là où Rosenberg est fort, c’est qu’il nous démontre avec Caverna que c’est encore dans ses vieux pots qu’il fait ses meilleures soupes. En effet, adieu cartes d’aménagements mineurs, majeurs, savoirs-faire. Ici tout est en commun pour tous avec trois plateaux de tuiles d’amélioration. Les nains, êtres bourrus et peu sociables (ça me rappelle quelqu’un), mangent directement les animaux sans les faire cuire. Ils partent également à l’aventure (à condition de les équiper pour) afin de multiplier les actions possibles proposées par le jeu. Bref, la bouffe devient beaucoup moins un problème central “comme dans Agricola” et permet un jeu moins contrariant, développant plus d’opportunités pour la partie aménagement du plateau individuel. Finalement on gère beaucoup de choses avec beaucoup de ressources, on peut effectuer beaucoup d’actions mais avec une certaine aisance. Caverna c’est comme Agricola mais sans la frustration de ne pas pouvoir nourrir nos bonhommes. Ce dernier est donc plus accessible aux joueurs moins expérimentés et n’efface pas pour autant la place de son grand frère qui reste toujours un must. Les deux ont donc bien leur place dans ma ludothèque et je pense que, dès cette première partie à 6 joueurs, Caverna mérite de devenir un classique. Évidemment j’y rejouerai avec plaisir même si, par son matériel abondant, il n’est pas des plus faciles à sortir.