Bon… pour les gens qui comme moi ont forgé leur identité ludique avec Magic The Gathering, une des difficultés actuelles est de ne plus pouvoir pratiquer ce type de jeu beaucoup trop coûteux en argent comme en temps. Heureusement, on peut voir ces derniers temps arriver sur le marché des jeux plus adaptés à notre mode de consommation actuel. On peut citer la ribambelle de « JCE » publiée par Edge ; c’est un modèle qui, bien que coûteux également reste plus abordable que Magic parce qu’il rompt avec la répartition aléatoire des « boosters ». Récemment sont parus Epic chez White Wizard Games et Ashes, Rise of the Phoenixborn chez Plaid Hat Games (un éditeur que j’aime beaucoup). J’ai joué à ce dernier pour la première fois il y a quelques jours. Je cite Epic, parce que ces deux jeux partagent une caractéristique commune : celle de proposer un système de jeu rythmé, facile d’accès et profond, même avec la seule boîte de base.

La belle rousse

La belle rousse de Julien (BGG)

Ashes propose donc une boîte de base avec six decks (représentant six « phoenixborn » différents) de départ pré-construits, tous jouables et intéressants, proposant chacun une stratégie de jeu originale. J’ai joué avec mon (con)fondant copain Julien qui a joué le deck d’une jolie rousse (parce que, m’a t-il-dit, il aime les rousses ; on en reparle dès qu’il pleut…), qui est un deck assez agressif avec des dégâts directs et des créatures bien pénibles ; quand moi, de mon côté, j’ai opté pour le deck d’une espèce de musicienne amie des oiseaux, deck meule viable et très agréable à jouer. D’entrée, je ne vous cache pas ma joie : dans ce type de jeu, les decks meule supposent systématiquement de posséder un grand nombre de cartes et sont donc généralement refusés à tout joueur débutant possédant peu de cartes (Un petit rappel : un deck meule consiste à vider la pioche de son adversaire, ce qui signifie bien souvent la défaite imminente). Dans Ashes, à vous les joies de la meule avec une simple boîte de base !

Le système de jeu est très simple, très rythmé, on fait au maximum deux actions par tour, une principale et une secondaire, et ce sont des dés (dix au total) qui servent de ressources pour lancer les sorts, invoquer les unités etc… Pour contourner le facteur chance, on a une action de base qui permet de changer les faces des dés, et bien évidemment certaines cartes permettent également un contrôle de cet aspect aléatoire : en gros on défausse des cartes pour changer des faces de dé. Certains héros seront donc plus ou moins doués dans ce domaine. A la différence de Magic, on n’a donc pas besoin d’insérer des cartes qui produisent les ressources dans son deck. De même, les unités sont à part et arrivent sur le champs de bataille grâce à des cartes « livre de sort » posées comme des permanents devant nous. On a donc des decks de trente cartes très épurés. C’est Hearthstone qui a ouvert la voix des mini-decks, ce qui serait apparu comme une hérésie il y a encore 5 ans (Mais comment tu veux construire un deck intéressant avec seulement trente cartes?!?). C’est possible avec Ashes quand on considère que la création d’un deck repose sur plusieurs axes : choix du Phoenixborn, choix des dix dés, et choix des trente cartes. Un système efficace, accessible, et profond, bref… dans l’ère du temps.

Ashes une partie en cours

Une partie en cours (BGG)

J’ajouterai avant de conclure que les illustrations des cartes (et de la boîtes) sont très réussies. L’illustratrice maison de Plaid Hat Games continue à faire de beaux jeux après Dead of Winter. Pour finir, il faut savoir que même si l’ensemble ne demande pas un niveau d’anglais très exigeant, Filosofia édite une version française qui arrivera entre fin Avril et début Mai, et que les paquets d’extension auront un rythme de parution maîtrisé, un peu comme pour Epic. C’est donc globalement un jeu qui s’adresse à ceux qui ne peuvent s’investir non seulement dans Magic, mais également dans les différents JCE de FFG, faute de temps et de moyens.