Ceux qui me connaissent savent que je suis un grand fan de 7 wonders. Alors évidemment il n’était pas question de passer à côté de cet opus jouable uniquement à deux. Dans sa version à sept joueurs, une version similaire était proposée mais nous ne retrouvions pas les sensations de base du mode “normal” tant les adaptations dénaturaient le jeu. Pour exemple, on simulait un troisième joueur neutre donnant un draft alambiqué. 7 wonders duel a la particularité d’avoir abandonné ce mécanisme pourtant semblant central chez son grand frère. Curieusement on retrouve tout de même les grandes lignes de 7 wonders, les auteurs prouvant que le draft n’était pas l’un des fondamentaux du jeu !

C’est la mise en place particulière des cartes (en lignes alternées face ou dos visibles) qui va le suppléer.

Des similitudes persistent évidemment et elles sont largement majoritaires : 3 âges, des merveilles à construire (4 par joueurs), les sept couleurs des cartes, les symboles… Les joueurs jouent chacun leur tour une carte disponible (c’est à dire libre) proposée sur l’étal. L’action est obligatoire et occasionne un choix parmi trois possibles :

  • poser la carte dans son ère de jeu et profiter ainsi de son avantage;
  • construire une de ses quatre merveilles
  • défausser la carte pour récupérer 2 sous plus 1 par carte jaune possédée.

Évidemment tout ça a un coût qui fonctionne de la même manière que dans 7 wonders. Notons que le commerce à totalement changé et ne se paye plus à l’adversaire mais à la banque avec des coûts plus ou moins augmentés en fonction des ressources possédées par l’autre joueur (par exemple, si ce dernier a du bois, il faudra dépenser plus de sous à chaque achat de cette ressource. Le prix étant fixé à 2 de base + 1 par symbole possédé par l’adversaire). Il est alors possible de créer des cas de manques importants, sensations retrouvées dans le jeu de base. Et des manques il y en aura durant toute la partie !

Une autre nouveauté : les conditions de victoire. 3 façons de l’emporter:

  • par le militaire en achetant des cartes rouges et faire ainsi avancer le jeton de conflit sur la piste. Et oui, il y a une piste de combat qui simule la suprématie des civilisations des joueurs. Le jeton commence sa course au milieu de l’échelle et est plus ou moins déplacé vers sa gauche ou sa droite selon les symboles «bouclier» possédés par les joueurs. Si le jeton atteint une des extrémités, il y a victoire immédiate !
  • par les découvertes scientifiques : un joueur posant 6 symboles différents dans son ère de jeu gagne immédiatement la partie (c’est à dire tout de suite après la pose du sixième symbole). Notons qu’il y a maintenant 7 symboles différents sur les cartes vertes.
  • par les points de victoire : si les joueurs jouent toutes les cartes des 3 âges sans réaliser aucune des deux conditions précédentes, on fait les comptes joyeusement.

Voilà, dans les grandes lignes, les mécanismes du jeu. Alors quoi penser de ce nouvel épisode exploitant la licence 7 wonders. On sait que la dernière extension du grand frère n’a pas été une réussite et Repos Prod n’avait pas trop le droit à l’erreur sur ce coup là. Mission accomplie pour le duo auteurs/éditeurs qui ont montré une nouvelle fois leurs talents pour faire un jeu. 7 wonders duel est une véritable réussite : le matériel est bien pensé avec de petites cartes prenant peu de place rendant le jeu jouable un peu partout. La taille de la boîte est parfaitement bien évaluée et sort des standards vides habituels. Le thermoformage prévoit même la place des protections de carte, ça change des trucs inutiles vus chez d’autres éditeurs.

7 wonders duel renouvelle intelligemment les mécanismes de son aîné et en garde tout le sel pour des parties rythmées, interactives et agressives. On ne nous autorise pas à dormir sur nos lauriers et les auteurs nous rappellent sans cesse que l’erreur n’est (presque) pas permise.

Personnellement, sur cette première, je ne lui trouve aucun défaut. Les parties peuvent s’enchaîner, le plaisir de jeu est là, s’est hyper fluide et agréable. Que du bonheur ! Vous aimez 7 wonders alors foncez vers ce duel. Je mettrais ma main au feu que ce petit bijou va remporter quelques prix en 2016 et va encore une fois barder sa première de couv’ de nouveaux logos couronnés. Antoine, Bruno, Thomas et Cédric merci à vous pour la qualité ludique dont vous nous faites part avec ce grand petit jeu !