Cette fin d’année nous voit une fois encore déposer le bilan ludique et comme d’habitude, nous serons plusieurs à le faire. Une fois de plus, il sera traité au sens large et n’abordera pas que les jeux mais le PLF en général. Plouf, c’est parti !

Marc :

Je vais commencer ce bilan avec le classique Top/Flop. Pour mes coups de cœur, je vais citer deux adaptations de l’univers Star Wars. Tout d’abord Assaut sur l’Empire (ou sur autre chose, hein Paul…), avec une bien belle campagne entouré de joyeux lurons. Je ne suis pas expert en jeux de figurines, mais je trouve le système simple, bien pensé et dynamique. Je suis impatient de me lancer dans la campagne de base pour écraser cette racaille de rebelles ! L’autre adaptation de cette licence qui m’a coupé le souffle est Star Wars Rébellion : du bon gros jeu de confrontation, asymétrique et particulièrement immersif.

2016 aura marqué mon retour à des jeux plus costauds, avec celui cité plus haut, mais aussi Scythe ou la réédition de Mare Nostrum (mon tout premier kickstarter !). Quelle évolution dans cette gamme : faire un jeu de civilisation en deux heures, vous vous rendez compte ma bonne dame ? De quoi faire passer le Civilization de 2011 pour un dinosaure… Un autre jeu de 2011 m’a marqué d’ailleurs cette année, le multi facettes Lancaster, un assemblage solide et brillant de mécaniques diverses et variées. En parlant de « vieilleries », je me réjouis d’avoir pu rejouer à des pépites perdues de vue depuis plusieurs années : L’année du Dragon, Les Géants de l’Île de Pâques et Puerto Rico, certains titres ne se démodent pas… Il y a eu du plus léger aussi, mais raffiné : je pense à Codenames ou Watson & Holmes.

 

 

 

 

 

Je cherche mes flops… et j’ai beaucoup plus de mal à en trouver qu’en 2015. Via Nebula vient en tête je pense, j’ai trouvé le jeu plat et sans tension. Idem pour Hit Z Road, décidément les Space Cowboys ne m’enchantent pas ! Toujours dans la catégorie des déceptions, je regrette le manque d’initiative du monde du jeu pour la promotion de cette belle activité auprès du grand public. Je constate souvent amèrement un communautarisme exacerbé et une certaine forme d’élitisme d’une partie des joueurs. Ce qui devrait être un leitmotiv est plus vu comme une obligation superflue, dommage… Au rang des bons élèves Jeux sur Seine bien sûr, qui fonctionne avec des contraintes certes, mais qui garantit l’accès à tous et le Festival de Lillebonne, une pure réussite qui perdure depuis trois ans déjà.

Cette année, je me suis beaucoup investi dans mon rôle d’évangéliste ludique. A l’association forcément, mais aussi sur mes stages jeunes, au point que ce sont eux qui réclament des jeux maintenant, et pas mal d’animations en milieu scolaire (avec ma casquette d’auteur). Je crois que je prends autant de plaisir à jouer qu’à transmettre ma passion du jeu. C’est d’ailleurs également le cas avec mon fils de 5 ans, initié cette année, qui me supplie de sortir les boîtes de l’étagère et m’oblige à me creuser les méninges pour trouver des variantes simplifiées. Quel régal de partager ces moments avec lui !

Bien que mon année d’auteur ait été calme sur le développement de mes prototypes personnels, un beau projet a vu le jour à l’initiative d’Alexis, à savoir la mise en place d’un collectif d’auteurs rouennais. Hot Fuzz Games se réunit donc toutes les deux semaines pour tester et améliorer nos prototypes, une expérience particulièrement utile et enrichissante, qui aboutira je l’espère sur des éditions !

Guillaume :

Et bien c’est reparti pour un bilan de l’année ludique, et disons le tout de suite, c’est pas évident.

Changement de vie professionnelle oblige, la tendance initiée l’année dernière s’est confirmée : de moins en moins de parties au compteur. Du coup, pas facile de bilanter tout ça. Bon… y a quand même des choses à dire.

Les bonnes surprises de l’année, c’est tout d’abord pour moi la mise en route des campagnes Assaut sur l’Empire. Ca fait toujours peur d’acheter un jeu à prix d’or et de le voir prendre la poussière. Je craignais qu’il prenne cette voie. Finalement non, c’est parti. C’est un jeu qui a ses défauts (manque d’équilibre entre les deux camps, scénarios basés sur la vitesse uniquement…), mais le système de Descent, dont il est l’évolution, est solide, et c’est toujours un plaisir de jouer dans l’univers de Star Wars.

Je ne me suis pas trop intéressé à Essen cette année, mais deux jeux retiennent particulièrement mon attention.

Le premier c’est Flamme Rouge, qui est selon moi est absolument exceptionnel. C’est un jeu de course cycliste qui a la simplicité de Snow Tails (un des meilleurs de sa catégorie jusqu’alors) et la profondeur tactique de… ben d’aucun autre en fait. Je n’ai pas d’intérêt particulier pour le cyclisme ! Je n’ai jamais tenu plus de cinq minutes devant une étape du tour de France, mais j’adore Flamme Rouge. Avec des règles expliquées en dix minutes, on a un concentré de suspens, de tactique, d’ambiance et de réflexion. Il retranscrit parfaitement les idées de peloton, de tentative d’échappée, de gestion de l’effort. Bref, c’est un jeu intelligent qui plaira à un très grand nombre de personnes, des moins habitués aux jeux de société modernes au plus geek des pousseurs de cube, pour peu que l’on ai envie de s’amuser entre amis.

Dans un tout autre registre, j’ai joué très récemment à Great Western Trail. Bon là c’est du bon gros jeu à l’allemande avec 45 minutes d’explication de règles. C’est abstrait comme il faut, élitiste au possible. Mais bon sang, c’est un putain de jeu de gestion comme on en voit presque plus. Je dirais qu’il y a différents parfum dans cette boîte : Caylus, Lewis & Clark, Dominion, Russian Railroad, et même un côté Mac Gerdts (mais bon là ça n’engage que moi). Il va sortir en français avant l’été, car Gigamic va le traduire et dans sa catégorie, je pense que c’est celui qu’il faut retenir si on doit en choisir qu’un.

D’autres bonnes surprises cette année en pagaille : Codenames (le meilleur party game depuis Times’ up), la gamme Super Meeple dans son ensemble (les classiques ma bonne dame, les classiques), le nouveau JCE Horreur à Arkham, Scythe (enfin un 4x jouable dans un timing raisonnable).

Au chapitre des déceptions, je liste essentiellement la confirmation des tendances observées précédemment :

-La diminution (encore!) du nombre de parties.

-L’évolution du marché du jeu : dérives du financement participatif, Microsoftisation du secteur autour d’Asmodée, surmultiplication des sorties sans intérêt avec recherche du coup éditorial et généralisation des clones de clone.

-Presse d’information inexistante et remplacée par des agences de com’ (pour rester poli).

-Disparition du jeu de gestion.

-Augmentation conséquente du prix des jeux.

Alexis :

Mon année Ludique 2016 fut tout d’abord marquée par ma découverte de l’association « Jeux sur seine » et de ses membres.
 J’y fut accueilli à bras ouverts par des passionnées et un président qui veille à ce que les différentes populations du jeu ( Gamers acharnés comme familles qui découvrent le jeu de plateau moderne ) s’y retrouvent.  Des passionnées sans élitisme avec un vrai sens de la communauté, ce qui m’amena petit à petit à m’investir de plus en plus dans l’association (aussi car on y rigole beaucoup).
J’y ai fait, de plus, d’excellentes  rencontres  de joueurs mais aussi de talentueux auteurs du cru (Marc, Fred) même si Marc met un peu trop souvent des survêtements  ^^
 
Niveau jeux, comme pas mal de monde cette année, je fut marqué par “Scythe” un jeu bien plus simple qu’il n’y parait de prime abord,  aux mécaniques attrayantes, l’édition parfaite  et aux illustrations haut de gamme.
Niveau éditeur Pixie games me surpris avec deux excellents jeux, “Capital Lux” un jeu de cartes malin  aux graphismes originaux et non dénué de fourberie mais aussi  “Pillards de la mer du Nord” avec sa mécanique de pose de viking (ouvrier) originale et sa grande jouabilité.
2016 c’est aussi  la dernière sortie de Runes éditions dans le registre jeu de gestion léger mais malin,  « Meowtopia » confirma tout le bien que je pense de ce jeune éditeur après les sorties des très bons “Harald” et “King and Assassins”.  
 
2016 fut aussi mon retour aux jeux de rôles après une quasi décennie de pause , je fus particulièrement étonné  par les changements dans l’éditions de ces jeux depuis 10 ans (écran en dur, règles claires , qualité de la mise en page, et scénarios clef en main parfait pour les maîtres du jeu sur le retour) avec un coup de cœur particulier pour  “Chroniques oubliées” de Black Book edition et la nouvelle Edition de “Deadland” du même éditeur  avec les règles de Savages Worlds (système de règles génériques avec une mécanique à base de cartes à jouer et de jetons de poker particulièrement fun)   
Une année ou je redevins maître du jeu mais aussi joueur avec une campagne de Warhammer maîtrisée d’une main de maître (mais aussi de fer ^^) par Paul, avec Jean Phi l’elfe stoïque et Simon le Hobbit malicieux à la louche fatale .  
2016 fut aussi une année d’évolution de mes goûts et envies, de base j’aime les jeux d’ambiances et les jeux de cartes malins et rapides  (Parade, Harald, Koryo, Lords of scotland, Arboretum, etc )  mais petit à petit, en commençant le  «kubenbois»  par “L’âge de pierre“, “Descendance” et “Agricola“, je me rendis compte que j’aimais de plus en plus ces jeux dit «à l’allemande»  qui demandent peut être plus d’investissement  mais procurent des sensations sans égales, ainsi mes derniers achats furent “Pillard de la mer du Nord“, “Mare Nostrum” ou “Scythe” .
 

Bref pour  2017, je me souhaite d’avoir une aussi bonne année ludique que 2016, plein de bonnes rencontres, je vous le souhaite aussi d’ailleurs !

Bonne année 201 7 !

Paul :

Pour ma part et avant tout c’est l’humain que je retiens pour 2016. Cette année a vu l’association Jeux sur Seine grandir encore un peu plus en terme de fréquentation. Le nombre de présents flirte régulièrement avec les 30 participants, quelque fois au-delà. Outre la disparition d’un second après-midi instauré le samedi depuis un an, l’association voit sa fréquentation en perpétuelle augmentation ce qui implique des changements évidents d’organisation et d’adaptation. C’est grâce à toute une petite équipe dite “d’explicateurs” que les bases de fonctionnement de J2S ont pu être maintenues. Via ce groupe d’irréductibles, j’ai pu continuer dans ma lancée et je les remercie chaleureusement pour leur motivation et leurs encouragements. Au même titre, je mets en lumière l’énorme travail qu’effectue régulièrement Jean-Phi sur ce site : ce dernier s’embellit (le site, on est d’accord ^^) de mois en mois et c’est uniquement grâce à lui. Aussi, je remarque une osmose au sein des joueurs de l’association : en plus du travail fournit par les “explicateurs”, la participation culinaire de la part de chacun, très appréciée. Enfin, une déception : le départ de deux joueurs très actifs les mercredis soirs, Simon et Jérémy, avec qui j’ai passé de très bons moments ludiques et amicaux. Leur disponibilité, leur générosité et leur humour me manqueront.

Continuons subjectivement vers des choses plus terre à terre et moins sérieuses concernant la qualité des jeux croisés lors de cette année 2016 :

mon top sera Codenames. Chvatil (l’auteur) m’impressionne encore avec un type de jeu dont on pourrait croire avoir fait le tour : les jeux de mots/lettres. Et bien non ! Le bougre redonne un second souffle au style et lui apporte la modernité, la jeunesse et l’intérêt. Chvatil me prouve une fois encore qu’il est l’un de mes auteurs favoris !

– Ce début d’année m’a vu découvrir le petit jeu de cartes Siggil : joliment illustré, le jeu cache en réalité un système épuré de réussite. Au final, il n’amène rien de transcendant et d’original. Je le comparerait ici, dans l’esprit “jeux de cartes à pas cher” à deux autres trouvailles : Eternity et Fuji Flush qui sont, pour le coup, de vraies réussites, dynamiques et reprenant intelligemment certains principes classiques en leur donnant modernité et intérêt. J’en reviens à Siggil qui, sans être un raté, ne casse pas trois pattes à un canard et se noie dans le tsunami des sorties ludiques qui devient ridicule et inutile.

Blood Rage fait partie de mon tableau ludique 2016 : ça commence avec une lecture de règle prometteuse, une mécanique lumineuse et un univers porteur. Résultat des courses, pendant trois tours, j’attends et ne fais rien pendant les deux tiers du jeu ! Même pas une petite action “coup mou” pour dire “aller, au moins t’as fait quelque chose”, non ! Rien ! Et là, il y a bien un truc qui me gonfle quand je joue à un jeu de plateau, c’est de ne rien faire. Donc grosse déception pour moi sur cette première partie. Observateur lors d’une seconde, je remarque une nouvelle fois le phénomène auprès de deux autres joueurs (table de quatre) ce qui ne m’invite pas à retenter l’aventure, frileux de me retrouver à perdre deux heures autour du carton.

Amun-Re, très belle ré-édition d’un classique, nous rappelle à quel point Knizia (l’auteur) a pu être bon. Ceci étant, je pointe un petit bémol qui nous replonge dans les jeux de l’époque : le déséquilibre des cartes objectifs, tirées au hasard, qui aurait dû être corrigé avec cette nouvelle mouture. Un peu dommage mais le jeu reste cependant très bon et agréable à jouer.

– Deathwatch overkill marque le sérieux retour de Games Workshop (éditeur) dans le milieu créatif du jeu de plateau : une superbe édition qui nous replonge agréablement dans l’univers de Warhammer 40 000 avec ses Space Marines survitaminés et d’horribles Genestealers vivant dans des ruches spatiales grandissantes absorbant tout sur leur passage. Les figurines sont magnifiques ainsi que les pions et les plateaux modulables. Après une première partie, je reste sceptique concernant les règles : bien expliquées en français, lors du premier scénario d’introduction, elles me paraissent fades et me donnent l’impression d’une volonté de la part de l’éditeur d’avoir voulu simplifier et fluidifier à l’extrême les mécaniques pour se redorer le blason auprès de la communauté débutante. D’où la question : n’a-t-on pas, ici, confondu simple et simpliste ? Idées à confirmer sur des scénarios plus denses apportant très probablement plus de contenu au corps de règles.

– Pour continuer dans l’Ameritrash, je parlerai de Star Wars Rébellion : comment ne pas l’évoquer ? Du lourd au sens propre, au sens figuré et au sens pécuniaire ! Cet énorme jeu à deux nous montre qu’une nouvelle fois FFG (éditeur) n’a pas récupéré la licence Star Wars pour rien et n’en fait pas n’importe quoi. Ils font leur beurre, certes, mais nous offre de bons jeux (je pense à l’excellent X-wing). Star Wars Rébellion fait donc partie de cette trempe et nous offre un système de règle en total fusion avec l’univers et je dirais même l’époque exacte de ce dernier : un joueur incarnant l’Empire cherche la base rebelle dans la galaxie cachée par son adversaire (début du film “L’empire contre-attaque”). On s’y croirait ! Un grand jeu, avec une durée de vie énorme. Encore faut-il pas mal de temps pour y jouer (un bon après-midi est idéal) et accessoirement un bon porte-monnaie. Mais on ne voit pas le temps passer.

The big book of madness est une bonne surprise dans son genre. Comparé à juste titre à son ainé Ghost Stories, je le trouve plus immersif, moins calculatoire,plus fluide et plus accessible, disons-le, plus récent. Avec ses trois niveaux de difficulté , il offre une bonne durée de vie et dès le départ ne donne pas droit à l’erreur : il va falloir prendre le temps de discuter avant d’agir et de bien analyser le jeu de tous déjà visible. Un véritable coopératif où il ne suffira pas de simplement poser des cartes collectivement !

– Captain Sonar est pour moi une déception : malgré un jeu au système original, permettant une “immersion” total ou presque dans le thème, je ne suis pas transporté. Sur 3 parties, je m’amuse peu mais je reconnait que l’objectif est atteint. Plus un problème de goût que de réelle qualité, je reste cependant étonné qu’il ne me plaise pas : il est unique et a un thème que j’apprécie. A essayer pour ceux que ça tente, je passe maintenant mon tour quand on me propose une partie.

Isle of Skye emporte le Spiel connaisseur 2016. Même si certains ne l’attendaient pas à ce niveau, il est dans tous les cas un bon jeu de mise en vente (et non d’enchères comme souvent décrit à tord). Fluide, se renouvelant à chaque partie, il est facile à sortir avec certains joueurs occasionnels. Il s’explique également rapidement et de fait, porte toutes les caractéristiques d’un jeu moderne typé eurogame. Une belle découverte pour ma part qui le classe dans mon top 3 de 2016.

Quartermaster : le choc ! Pour le moment, je n’ai qu’une seule partie au compteur mais c’est une sacrée découverte et un ré-invitation aux wargames modernes pouvant se jouer rapidement. Les règles, bien écrites et rapidement assimilables, sont truffées d’exemples. La partie est fluide, avec rebondissements et totalement asymétrique en fonction des nations jouées proposant une sacrée durée de vie. Du bonheur en barre ! (une première ICI)

– Terraforming mars est une bonne découverte : il surfe sur un des thèmes phares de cette année 2016 et nous propose un jeu typé eurogame tout à fait louable et agréable à jouer (comme quoi, le genre a encore de l’avenir). De poids moyen, il contente un large public chez les plus exigeants d’entre nous. Le thème est bine représenté et les règles se densifient de plusieurs mécaniques déjà épurées mais bien assemblées leur donnant ainsi un équilibre agréable.

– Je finis avec Inis : un jeu de conquête et d’objectifs assez original qui utilise le draft comme base de fonctionnement. Le parti pris graphique a, à défaut de plaire, une originalité et une identité fortes. Pour le moment, sur ma seule partie, le jeu ne m’a pas renvoyé de certitude quant à mon positionnement critique. Je sais que je dois y rejouer pour me faire une réelle idée de la chose et se sera avec plaisir. Je pense tout de même pencher vers un avis positif, le jeu me paraissant plutôt singulier, bien édité et à la durée de vie assez longue.

Voilà pour ma part, mon retour 2016 qui ne tient qu’à moi évidemment !